Stratégie lacs et rivières difficile : Sauvez le capot !

par Anthony DINTRAS

Grand adepte des lacs de barrage difficiles de ma région et de la pêche sur des rivières comme le LOT, je me mis à la recherche de la stratégie idéale pour capturer ces carpes sauvages… Cet article fait part d’une stratégie que j’ai maintenant adopté sur 75% de mes pêches entre 40 et 50h…

 

Eaux difficiles : recherche et localisation du poisson

 

En effet, sur ce type d’eau, le constat est flagrant. Le ‘bon poste’ n’est jamais le même suivant les week-ends où s’enfermer dans sa pêche et son choix de poste mène très vite au fameux capot. En barrage, suivant le marnage, le vent, la météo (dépression, précipitation…), le poisson est amené à changer très vite de zone. En rivière c’est assez différent, le vent a selon moi une moins grande influence. Le poisson se déplace beaucoup et encore plus lors de précipitation qui influe sur le courant et peut transformer une no-carpe zone en véritable hot-spot… Sur ces eaux difficiles, les poissons deviennent donc difficilement localisables. Vous savez je parle de ces pêches où il n’y a rien à comprendre : carton la première nuit puis plus rien par la suite ou inversement.

 

Règle n°1 : sauver le capot

 

Dans une période hasardeuse, là où belle pêche et capot s’entremêlaient, j’ai décidé de mettre en place une stratégie visant à ‘ sauver le capot ‘ sur toutes mes pêches d’un week-end. La règle numéro 1 consiste donc à repérer et localiser le poisson comme lors de la première pêche en ces lieux. Je me suis imposé comme obligation de parcourir à mon arrivée différentes zones du lac et de ne pas m’installer tant que je n’ai pas décerné la présence de quelques fishs. Il est vrai que sur un week-end, on perd quelques heures, mais le jeu en vaut la chandelle… Il devient nécessaire de s’adapter au terrain et de pêcher au plus prés du poisson. Pour moi, le confort passe au deuxième plan et je n’hésite pas à m’installer sur des postes vierges pentues.

 

Un poste totalement délaissé, pourtant ce jour là, elles étaient là

Un poste totalement délaissé, pourtant ce jour là, elles étaient là

 

Règle n°2 : discrétion et polarisante tu adopteras

 

Pour repérer, j’utilise toujours la même méthode ce qui me permet de progresser dans cette phase. Mes meilleurs amis dans ces cas là sont mon zod et mes polarisantes. Je mets le boat à l’eau et pars repérer. Lorsque j’approche de la zone potentielle, je me positionne dans le sens du courant, du vent et me laisse dériver tel un carnass’ man. En usant d’un maximum de discrétion, on voit plus de choses que l’on ne pourrait croire… De plus avec le temps vous allez vous perfectionner et optimiser votre temps de repérage.

 

Je pratique régulièrement un lac de barrage de +350 hectares et à force de repérage et de pratique, je connais les spots susceptibles de laisser entrevoir une belle en surface. De ce fait, je positionne le bateau de manière à m’approcher de la meilleure façon. Il faut aussi choisir le sens qui donne la meilleure visibilité suivant la lumière.

Maintenant avec l’habitude, je rejoins au thermique ou à l’électrique, suivant la situation, les zones à repérer. Je jette un coup d’œil sur ces spots où j’ai l’habitude d’observer des poissons, ainsi même sur des grandes étendues je repère un maximum en un minimum de temps…

 

En rivière je procède différemment, je cible un bief et parcoure les bordures tout le long du bief, les eaux souvent plus claires et moins profondes facilite encore plus la tâche qu’en lac de barrage.

Une carpe lotoise prise sur un poste où je n’aurais pas misé un centime avant mon repérage

Un poisson sédentaire pris 2 fois en 1 mois sur une zone de tenue trouvée grâce à cette méthode

Conclusions et limites de la méthode :

 

Cette méthode est vraiment prolifique à court et long terme. Sur le court terme elle permet de pêcher sur le poisson et d’augmenter très nettement vos chances de faire un poisson. A long terme en pratiquant régulièrement les mêmes eaux, vous comprendrez bien mieux les déplacements des poissons. Suivant l’observation régulière d’activité de nos cyprinidés préférés, on peut différencier des zones de tenus des zones de passage.

 

A la limite, le seul défaut est le fait que voir un poisson en surface ne veut pas forcément dire que l’on va l’attraper sur le spot. Mais les zones d’alimentation ne sont jamais bien loin et un bon sondage permet de trouver ces spots. De plus, grâce à toutes ces localisations, vous vous donnez l’opportunité d’observer des véritables trésors cacher. Ainsi, j’ai pu voir deux magnifiques koï dont peu de monde connaissent l’existence en lac de barrage et deux autres sur des gravières du sud de la France. Et qui sait ; peut-être tomberez vous sur un spécimen vierge de vos destinations préférées.

 

N’oubliez pas la première règle, pas de choix de poste avant d’avoir observer quelque chose et le mot « capot » ne sera pratiquement plus qu’un mauvais souvenir.

 

Anthony DINTRAS