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Pêches rapides à la carpe dans le sud de la France

 

Récit de sessions de pêche à la carpe dans le sud de la France. Retour sur une saison compliquée sur une rivière réputée pour ses poissons sauvages combatifs.

 

L’automne est déjà bien entamé à en croire les jours qui raccourcissent et le froid qui s’installe mais les conditions de pêche ne sont pas aussi bénéfiques que dans les autres régions de France. Le faible niveau de précipitations que nous avons connu depuis le début de l’année a eu une incidence significative sur la pratique de notre passion. Il est une portion de rivière proche de chez moi que j’affectionne particulièrement. Réputée pour ses poissons sauvages puissants et combatifs, cette rivière n’est pas aisément accessible mais regorge de belles surprises.

 

Le printemps particulièrement pluvieux que nous avons connu en ce début d’année fut une merveille sur le plan halieutique et permis de mettre au sec de superbes carpes lors de pêches rapides de quelques heures. Mais dans le sud, les premières chaleurs s’installent rapidement et la météo nous prive de pluie de longues semaines durant. Des températures avoisinant les 35°C et plus ne sont pas rares et apportent leurs lots de désagréments : algues, manque d’oxygène et poissons amorphes.

 

 

 

C’est alors le début d’une période particulièrement difficile pour la pêche de la carpe. Je me rends régulièrement sur mon poste fétiche pour observer les changements et ne peut m’empêcher de désespérer à mesure que le niveau baisse et que les herbiers grossissent. J’opte alors pour des pêches plus ciblées avec un amorçage très léger et précis et profite des quelques heures plus fraîches de début de soirée pour tremper mes lignes.

 

Les résultats sont plutôt mitigés et les occasions de voir mon moulinet carpe dérouler plutôt rares. Je fais le dos rond pendant plusieurs semaines à scruter la moindre dépression et sauter sur l’occasion de sortir mes cannes, mais les nuages ne sont pas souvent de la partie. Septembre pointe le bout son nez, avec son lot de promesses pluvieuses mais il faudra attendre davantage pour connaitre un épisode cévenol salvateur.

 

La rivière en crue, un moment que nous attendions tous depuis longtemps est enfin là sous nos yeux. Mon poste est sous un bon mètre d’eau marron, charriant généreusement branchages et objets en tous genres. Mais le plus important reste l’apport massif de nourriture naturelle dont vont pouvoir bénéficier nos chères carpes et les remettre sur une dynamique d’alimentation.

 

Les effets ne tardent pas à se faire sentir.

 

Un amorçage de quelques jours avant le jour J me permet de concentrer la population de ce bief long de près d’1,5 km sur mon poste. 6h du matin j’arrive au bord de l’eau et l’excitation est à son comble après tant de d’échecs. Il fait encore nuit et je m’installe discrètement. 6h45 ma dernière canne est posée.

 

Ma connaissance du poste me permet de poser mes montages avec précision malgré la pénombre qui règne encore à cette heure. Le premier départ fit hurler mon détecteur au bout de 15 minutes sur la canne en qui j’avais le plus confiance. Aux premiers coups de tête je m’aperçois rapidement qu’il s’agit d’un poisson de petite taille mais à l’approche de l’épuisette, elle m’offre un combat sympathique.

 

Content de retrouver ces sensations presque oubliées, je relance ma canne une fois la carpe remise à l’eau. Un léger amorçage de rappel sur la zone me permet d’observer quelques coups sur le scion de mes autres cannes. Le deuxième départ intervint seulement 1h plus tard sur cette même canne, ce qui me confirma la confiance allouée à ce spot. Au ferrage, je compris très rapidement qu’il s’agit cette fois ci d’un poisson d’un autre gabarit et ce dernier ne tarde pas à me montrer sa détermination. Ce combat m’offre des sensations extraordinaires mêlées à des poussées d’adrénaline à chaque fois que la carpe me prend du fil à proximité des obstacles. Au bout de quelques minutes et rushs devant l’épuisette, le poisson mis au sec affiche une superbe robe aux couleurs automnales.

 

Mon estimation approximative double le poids de la première carpe et mon peson ne me déçoit pas. Je relance et suis prêt à croire à un troisième départ. Ce dernier arrive devant mes yeux incrédules sur une canne excentrée peu de temps après mais une berge boueuse et glissante m’empêche de ferrer efficacement et laisse s’échapper le poisson au premier coup de tête.

 

Je terminerai ainsi cette pêche de quelques heures après un faux départ sur la canne posée dans mes bottes. Je retrouve enfin du plaisir à pêcher la carpe sur ce bief qui m’aura donné tant de fil à retordre au cours de l’année et me permet d’aborder le début de l’hiver avec espoir.