Généralités
sur les graines

Définition
d’une graine : une graine est une plante en
devenir qui vit au ralenti. Suivant les conditions de conservation
(au sec et à l’abri de la lumière), il est possible
de stocker les graines pendant longtemps. Ces dernières,
si petites soient elles, ont un potentiel nutritionnel exceptionnel.
Elles se conservent plusieurs mois voire plusieurs années.
On distingue les graines oléagineuses, céréalières
et légumineuses. Note importante : si vos graines sont perforées
c’est que les charançons ont élu domicile. Dans
ce cas, il vaut mieux s’en débarrasser. De plus, les
oléagineuses comme l’arachide… ont tendance à
rancir. Il ne faut donc pas attendre trop longtemps pour les utiliser.
Pour faire dans la généralité, évitez
de les stocker plus d’un an.
Définition d’un acide aminé
essentiel : c’est un acide aminé qui
ne peut pas être synthétisé par l’organisme
mais qui lui est indispensable. Il ne se retrouve que dans l’alimentation.
Les acides aminés essentiels sont au total de 8 : tryptophane,
phénylalanine, thréonine, valine, leucine, isoleucine,
lysine et méthionine. Ils doivent être tous présents
le même jour et dans un bon équilibre pour qu’ils
aboutissent à une protéine.
Aujourd’hui, nous utilisons les graines d’une façon
complètement différente de celle de nos grands-parents.
En effet, avant l’utilisation des bouillettes et surtout avant
la mode carpiste, les pêcheurs de carpe ne pêchaient
qu’à la graine. Le maïs, le blé mais aussi
la fève étaient les plus répandus. Non seulement
ils amorçaient avec, mais surtout, ils pêchaient avec.
De nos jours, on se rend compte que pour beaucoup de carpistes la
graine permet d’amorcer en grosse quantité à
prix très réduit. De plus, graine rime souvent avec
amorçage massif. Cependant, peu jouent la carte de l’eschage
à la graine, la reine bouillette suscitant beaucoup plus
d’espoir !!! Une des principales qualités des graines
est que les carpes les assimilent très rapidement. Quand
on voit par instant la frénésie alimentaire que peuvent
déclencher les graines sur nos cyprins, il est quand même
dommage de ne pas les exploiter pleinement. Surtout que la diversité
des graines est inépuisable, même si certaines sont
plus connues que d’autres. Les graines peuvent être
cuites, crues, grosses, petites, germées, fermentées,
denses ou non…Un paramètre avec lequel on peut jouer
est la couleur des graines. Tout dépend si nous voulons contraster
avec le fond ou pas. La densité de l’appât est
aussi importante. Des graines légères font merveilles
sur des fonds mous. En revanche, ce type de graine est à
proscrire en rivière car le courant leur fera faire un voyage
inoubliable. Pour l’eschage, il est possible de jouer sur
la cuisson ou de simplement les faire tremper (du moins pour certaines).
Jouer la carte de la différence est chose aisée avec
les graines. Faut-il s’en donner les moyens. C’est ainsi
qu’il est important de connaître leurs propriétés
pour maîtriser leur préparation et leur utilisation.
Le hasard n’a pas sa place. Il faut pour cela se pencher sur
leurs caractéristiques. Ainsi les graines peuvent se classer
selon 3 grandes catégories :
- Les légumineuses comme les fèves, les haricots,
les pois…
- Les céréalières comme le maïs, le blé…
- Les oléagineuses comme l’arachide, le tournesol…
Par ce classement, il est déjà plus facile d’y
voir clair. Car évidemment, suivant les conditions de pêche,
il sera plus judicieux d’utiliser tel ou tel type de graine
voire même de les associer pour arriver à proposer
un menu équilibré à l’assimilation parfaite.
Les graines sont riches en acides aminés dont l’organisme
de la carpe a besoin. Cependant pour la carpe (comme pour nous d’ailleurs),
il est préférable de manger plusieurs graines le même
jour plutôt qu’une chaque jour. En effet, chaque graine
ne possède pas la totalité des 8 acides aminés
essentiels. L’assimilation ne se fait que s’il y a bon
équilibre de la totalité de ces 8 acides aminés.
Ces derniers aboutissent à des protéines indispensables
à de nombreux processus biologiques. Comme préconisé
dans certains régimes alimentaires, il est très intéressant
d’associer des céréalières avec des légumineuses.
Les céréalières étant des graines limitantes
en lysine et suffisantes en méthionine alors que les légumineuses
sont des graines limitantes en méthionine et suffisantes
en lysine. La seule graine qui est suffisante en méthionine
et en lysine est la graine de chènevis (ce n’est pas
la moins efficace !!). Attention tout n’est pas si simple
quand même… Mais un mélange de graines diversifiées
permettra de proposer ces 8 acides aminés essentiels qui
ne se stockent pas dans l’organisme. D’où la
nécessité d’un équilibre journalier.
Liste des graines Lysine+Méthionine- :
Pois chiche, pois, lentille, haricot…
Liste des graines Lysine-Méthionine+ :
Maïs, avoine, millet, blé…
Outre cette association indispensable, chaque graine a des particularités
qui lui sont propres comme la forme, la taille, la conservation…
Avec les connaissances que nous avons sur toutes les graines, il
est plus évident de mettre en place une stratégie
d’amorçage en fonction des conditions de pêche.
L’amorçage doit attirer nos chères mémères
voire d’autres poissons. Si la tactique consiste à
déclencher une concurrence alimentaire entre tous les poissons
blancs, il sera préférable d’intégrer
des graines de petites tailles. Au contraire, si la tactique consiste
à ne sélectionner que des gros poissons, il faudra
utiliser des graines susceptibles de n’intéresser que
les carpes. Les graines peuvent également nous rendre de
précieux services en présence de poissons chats ou
d’écrevisses.
L’eschage et donc la présentation peuvent prendre toutes
les formes voulues (à fond, flottante, équilibrée,
montage tricheur…) Tout type de graine peut être esché
en utilisant différents types de matériaux (boggey,
filet antichat, maggot clip…). Place à l’imagination.
Conseil: Avant l’étape de trempage il est fortement
conseillé de laver les graines pour éliminer toutes
substances ou déchets qui pourraient leur donner un mauvais
goût.
La plupart des graines demandent un temps de trempage d’au
moins 24h. Il ne faut pas hésiter à mettre beaucoup
d’eau car les graines absorbent énormément.
Concernant l’eau utilisée, le mieux est celle de la
destination de pêche mais dans ce cas, il faut habiter à
deux pas des lieux convoités. Le trempage est indispensable
pour des raisons de santé de nos cyprins. En effet, utiliser
des graines sans les faire tremper entrainerait un gonflement de
celles-ci dans leur intestin. De plus, le trempage permet de réduire
au maximum le temps de cuisson qui a tendance à détruire
les qualités nutritionnelles. Ayez toujours en tête
les glands qui tombent dans l’eau et qui pourtant non cuits,
sont consommés par dame carpe. Alors, quand on peut se passer
de la cuisson, il ne faut pas s’en priver.
La germination
des graines : une question de choix…

Pour sortir de l’ordinaire il est possible de faire germer
ses graines avant de les faire cuire légèrement. En
effet ces graines germées deviendront encore plus attractives.
Pour faire germer des graines rien de plus facile. La préparation
est simplissime et ne prend que quelques minutes par jour. Faire
germer des graines ne nécessite aucune cuisson. Pour cela,
il faut se mettre dans la peau d’un jardinier. En effet, une
graine pour germer a besoin de chaleur et d’air.

Tout d’abord, il faut faire tremper ses graines dans l’eau
pour faire sortir la graine de sa période de repos appelée
dormance. Comme pour la cuisson, il est préférable
d’utiliser une eau non chlorée (eau du plan d’eau
ou de récupération). Les graines sont sensibles à
la différence de température ainsi il est préférable
de placer ses graines (avant le trempage) dans un endroit plus frais.

L’eau de trempage doit en revanche être changée
tous les jours (c’est un minimum) car sinon il y a synthétisation
de substances inhibitrices d’enzymes. Lors de cette phase
de trempage, les graines vont se gorger d’eau. Le temps de
trempage diffère selon les graines. Après cette phase
de pré germination vient la phase de germination. C’est
à cet instant que la graine se transforme.

Les graines à germer doivent être disposées
sur un support plat sans qu’elles ne soient serrées.
Cette étape doit se faire à l’abri de la lumière
en recouvrant les graines avec quelque chose laissant passer l’air
(drap fin…). Ceci permet de recréer l’ambiance
souterraine. Attention, le drap ne doit pas toucher les graines.
Ces dernières doivent être humidifiées tous
les jours. Pour cela, il suffit comme précisé auparavant
de les rincer, de les égoutter et de les replacer sur le
support comme indiqué. Petit à petit les graines peuvent
être placées dans un espace plus lumineux afin de faire
développer la chlorophylle. Le germe apparaîtra au
bout de quelques jours. L’intérêt des graines
germées est qu’elles sont très nutritives car
le germe contient l’ensemble des substances indispensables
au futur développement de la plante. La graine en dormance
détient des protéines qui lors de la germination,
vont se transformer en acides aminés ainsi qu’en sucres
naturels.
Graine trempage germination
:
Trempage du blé : 12H / temps de germination : 2 jours environ
Trempage du maîs : 24H / temps de germination : 3 jours environ
Trempage de la fève : 12H / temps de germination : 2 jours
environ
Trempage du pois chiche : 24H / temps de germination : 3 jours environ
Une fois germées les graines doivent être
cuites afin de stopper la germination.
La fermentation :
La fermentation, dans le cas des graines, est la conversion de l’énergie
chimique contenue dans le glucose en une autre forme d’énergie
directement utilisable par la cellule en l’absence d’O2
(dioxygène). Dans le cas des graines, la fermentation est
dite éthylique. Le glucose se transforme en alcool. Cette
fermentation alcoolique se réalise dans un milieu dépourvu
d’oxygène. La température idéale est
de 35°C. Grâce à cette fermentation, de nombreuses
graines peuvent être conservées très longtemps
comme la noix tigrée, le maïs…
Pour faire fermenter les graines, il suffit de rajouter après
cuisson environ 200gr de sucre par kilo, de bien mélanger
et de refermer le tout hermétiquement. Il suffit ensuite
de laisser faire le temps.
La
conservation par le gel des graines cuites :
Toutes les graines ne peuvent pas se conserver grâce à
la fermentation. Certains carpistes n’apprécient pas
cette méthode et préfèrent pêcher avec
des graines fraîches. Cependant, il est fastidieux pour des
pêches courtes de préparer des graines à chaque
fois (comme les bouillettes d’ailleurs pour ceux qui roulent).
Le procédé le plus simple est de préparer ses
graines en grosse quantité et de les congeler dans des sacs
ou récipients de différentes contenances. Ainsi vous
êtes parés pour de longues sessions prévues
mais aussi pour de courtes sessions improvisées. Le top !
Une touche personnelle ...
Il est certain que les graines sont suffisantes
au naturel mais il est possible pour la plupart d'entre elles de
les parfumer, de les aromatiser, de les épicer, de les colorer...Tout
est une question de goût. Cela ne se discute pas.
Les colorants
utilisés pour la fabrication des bouillettes feront parfaitement
l'affaire si vous décidez de donner des couleurs à
vos graines.

Echantillon
de pois chiche colorés.

Echantillon
d'épices que le Team Carpepassion63 utilise le plus souvent.

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