La virémie printanière (VPC)

Par Grégory MARTIN

 

 

La virémie printanière est une maladie virale (Rhabdovirus) qui touche les poissons et notamment notre cyprin favori, la carpe.

 

Beaucoup d’autres espèces peuvent être touchées comme la tanche, le carassin, le silure pour ne nommer qu’eux. Cette maladie n’est pas spécifique à la carpe comme nous pouvons le croire. Elle est présente dans toute l’Europe.

La virémie ne se transmet pas à l’homme donc pas d’inquiétude si vous avez été en contact avec un ou plusieurs poissons contaminés.

 

Ce virus est très résistant dans l’eau (il vit plusieurs semaines même dans la boue). La VPC débute très souvent au printemps. La maladie se propage parfaitement quand l’eau avoisine les 15°C.

Tout rentre dans l’ordre quand l’eau atteint 20-22°C. Une forte densité de poissons ainsi que de fortes variations de température accentuent la malchance d’apparition de la maladie.

 

La virémie printanière peut entraîner la mort des poissons sensibles (jeunes, vieux, faibles…). Dans la plupart des cas, 30% des poissons infectés meurent. Cependant le taux de mortalité peut varier de 5% à 90%.

 

 

Voici une liste/description des différents symptômes

 

- Poisson gisant à l’écart de ses congénères avec souvent perte de l’équilibre: difficile à percevoir dans le milieu naturel.

 

- La peau devient foncée.

 

- Les yeux sont exorbités : exophtalmie.

 

- Les branchies sont pâles. Des saignements peuvent faire leur apparition.

 

- Des hémorragies peuvent être constatées au niveau de la peau, des yeux, de l’anus et au niveau des insertions des nageoires. Un bord blanc entoure la zone        hémorragique.

 

- Présence d’ascite : liquide dans l’abdomen qui se retrouve par le fait distendu.

 

- Tâches cutanées de couleur rouge à violacée qui ne blanchissent pas au toucher (lors d’une pression exercée) dans les tissus adipeux entourant les organes.

 

- Traînée d’excréments de forme cylindrique.

 

- Après examen clinique : intestins vides et constatation d’inflammation, de tuméfaction ou d’hémorragie de la rate, des reins, des intestins et/ou de la vessie.

 

ory MARTIN

 

Ces symptômes peuvent varier et être très peu caractéristiques. Pour confirmer ou écarter la suspicion de la virémie printanière, il faut absolument effectuer des examens en laboratoire sur des poissons infectés vivants ou venant de mourir. Pour se faire, il faut contacter les services compétents (services vétérinaires, ONEMA, fédération de pêche…). Surtout ne rien entreprendre seul sous peine d’être réprimandé par la loi et de véhiculer la maladie ailleurs.

 

La virémie printanière se transmet de poisson à poisson par l’intermédiaire de l’eau contaminée (vecteur principal), des œufs, des parasites hématophages, des excréments, des urines et/ou des liquides sexuels.

 

Un poisson peut être vecteur non malade. Nous, pêcheurs ou pratiquants du milieu aquatique, pouvons sans le vouloir propager la maladie en déplaçant des poissons infectés vivants/morts ou des objets contaminés (bateau, épuisette, matelas de réception…). Les oiseaux piscivores, les batraciens… peuvent aussi la propager.

 

Puisqu’il n’y a pas de traitement spécifique, la plus grande vigilance est de rigueur. Il est ainsi conseillé de décontaminer régulièrement son « matos » surtout pendant les périodes à risque. Pour le nettoyage, de l’eau mélangée avec du Dakin fera parfaitement l’affaire.

 

Ceci peut paraître contraignant mais le jeu en vaut la chandelle si l’on veut éviter de contaminer la source de notre passion : les poissons. Alors ayez les bons réflexes et donnez l’alerte si besoin !

 

A bientôt sur www.carpepassion63.com